Jésus  Feuillet 6 - A -

"La terre est froide" pensa-t-il….

C'était pourtant une belle nuit de printemps
Une de ces nuits chaudes
Où il fait bon dormir sous un arbre
- D'ailleurs, cette nuit là,
   Il y en avait qui ne s'en privait pas ! -
Une de ces nuits
Où les fleurs n'ont pas besoin de se recroqueviller
Pour se réchauffer.

La face contre la terre
L'homme tremblait
Il ne savait pas
Si c'était le froid
Ou la peur.
Il lui fallait choisir :
Ou bien il reconnaissait qu'il avait été trop loin
Et s'excusait en disparaissant
Comme une rose si belle
Qu'elle se fane ;
Ou bien il continuait
Seul
Et allait à une mort certaine
Comme une rose si belle
Qu'on la coupe.

Il ne sentait plus sa tête
Il ne sentait plus que la terre
Cette terre
Mouillée par le sang de la haine
Par les larmes de la souffrance
"Je suis fatigué de vivre" pensa-t-il…

Il ferma les yeux pour oublier.
C'est les yeux fermés qu'on voit mieux


Il vit les yeux du paralytique
Porté par ses amis ;
Il revit le visage de la femme

Quand il avait dit :
"Je ne te condamne pas" ;
Il revit la joie de l'aveugle -né ;
Il sentit la main de la femme
Sur ses épaules
Alors qu'il allait chez Jaïre ;
Il revit la mère
Lorsqu'il lui redonna son fils ;
Il entendit la femme lui dire :
"Les petits chiens sous la table
Mangent les miettes des enfants" :
Il entendit les pas des foules
Qui l'avaient suivi :
Les cris des enfants
A Jérusalem…….



Il se remit debout
Réveilla ses compagnons :
"Venez ! On m'attend".
Ses compagnons qui ne comprenaient jamais
Crurent qu'il parlait
Des soldats qui arrivaient…

Ils eurent peur et se sauvèrent.

Jésus les regarda partir…
"Je ne suis pas seul"
Dit-il à son Père.


     Airel

- B -
- C -

Je suis passé du côté de la mort vivante,
Vous croirez peut-être que j'invente !
Non. Tendresse et liberté conjuguées
Donnent à l'accueil un goût d'éternité.
Oui. Je ne suis plus là. C'est pour être toujours avec vous
A la mode de Jésus, pas de chez nous ! .
Si vous avez des larmes, qu'elles soient de joie.
Moi, ça n'est plus la peine, mais vous, gardez la foi
Pendant quelques temps nous ne pourrons nous embrasser
Comme par le passé
Mais le présent éternel es d'une beauté sans pareille,
Je suis alouette plongé au cœur du soleil.
Vous ne pouvez me voir, c'est trop éblouissant !
C'était donc vrai ce mot 'resplendissant'.
Ce n'est pas un autre monde, c'est un monde autre,
Ils n'ont pas menti les apôtres.
Tout est au rythme de l'accueil Trinitaire.
Je suis fleur transformée par la lumière.
Je suis en chacun comme l'eau dans la terre après le dégel.
L'universel n'efface pas, il enrichit le personnel.
Là où je suis, plus besoin de justice,
Tout est amour et délice.
Ici, pas d'obstacle à la vie ensemble,
La peur est inconnue, personne ne tremble ;
Nos désirs d'infini, de paix, de solidarité
Deviennent réalités.
Le partage humain, fragile comme un vent de sable
Prend une dimension inimaginable.
Jésus fait de nous des hommes divins
Comme le Père a fait de Lui, un Dieu humain.

A bientôt, en Dieu Trinité.
Nous vivrons l'unité dans la diversité !

           
Airel

- D -
I N D E X
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